"Transformer nos tâches inachevées en moteur évolutif" par Danièle Flaumenbaum

Publié le par Carole Blériot

Bonjour à vous,

 

Ceci est fort intéressant .... :

 

Transformons nos tâches inachevées en moteur évolutif

Avec Danièle Flaumenbaum

Arrivé à ce stade, il est temps d’en venir à la bonne nouvelle du dossier : les tâches inachevées peuvent se métamorphoser en moteurs de changement et d’évolution. Le Dr Danièle Flaumenbaum, gynécologue et acupunctrice, auteur du fameux Femme désirée, femme désirante (Éd. Payot) exploratrice audacieuse et humble des frontières intérieures, qui se sent « à la fois taoïste et talmudique », analyse avec nous à quelles conditions cette métamorphose peut se produire.

« Prenons d’abord conscience que nos tâches inachevées quotidiennes sont, par essence, des répétitions. À chacun les siennes. Chez l’un, ce sera sa comptabilité jamais à jour. Chez l’autre, l’inscription au cours de gym toujours différée. Chez un troisième, sa maison éternellement en bazar - ce fut longtemps mon cas. Ou bien une négligence dans le soin de soi, la visite au dentiste, ou au dermato, ou à l’ophtalmo sans cesse repoussée, etc. Quand elles deviennent obsessionnelles ces récurrences s’appellent tout simplement des névroses. Les névroses sont souvent des fidélités, des attachements à une structure d’incarnation, à une lignée : je suis désordonnée comme ma mère et ma grand-mère, etc. Cela peut nous hanter, nous ronger, nous culpabiliser, nous rendre honteux. Mais la hantise, la culpabilité ou la honte sont des écrans qui nous empêchent de voir à quoi nous avons vraiment affaire. J’ai honte de mes tâches inachevées, mais je ne change pas pour autant. À la limite, cela peut me rendre malade, ou même me tuer. Et ce serait vraiment dommage, parce qu’en réalité, nos tâches inachevées nous indiquent le chemin du dévoilement de nos dénis. Ce sont des flèches de signalisation pointées en direction de ce qu’il faudrait remanier en nous pour aller mieux. À quelles conditions ?

« On peut déjà tout simplement s’accepter tel qu’on est, avec ses défauts et ses inachèvements, et ne plus en faire une maladie, ce qui est un premier pas dans le sens du mieux-être, car il est indispensable de s’aimer soi-même, de cesser de se juger et de se condamner. Mais le renforcement de l’estime de soi exige davantage. Changer est possible : un jour, par exemple, j’ai réalisé combien le fait d’imposer mon désordre permanent aux hommes de ma vie avait été grossière et j’ai changé. En fait, ce qui m’a le plus poussée à changer, c’est de découvrir que je créais littéralement ma réalité intérieure, donc mon existence, mon univers, ma vie. Il faut se débarrasser d’une croyance absurde et pourtant courante, qui prétend que les humains auraient peur du nouveau. C’est faux. En réalité, le nouveau et la curiosité qui l’accompagne, procurent toujours une joie immense à qui sait les accueillir. Certes, il faut être bien sécurisé pour pouvoir dire ça, bien confirmé dans ses relations affectives, bien reconnu, aimant et aimé.

« Les Chinois disent que pour changer vraiment, il faut “enraciner nos intentions dans la terre”. Cela veut dire plusieurs choses : vouloir le changement depuis le fond de soi, tenir son cap avec persévérance, attendre avec patience la germination et le mûrissement, procéder tranquillement, à petits pas - autant de qualités de la maturité. Les tâches inachevées sont au contraire caractéristiques de notre côté infantile, de notre attachement à l’illusion d’une éternité immobile. Ne pas terminer ce que l’on a commencé, c’est vouloir rester enfant, ne pas vieillir, ne jamais mourir, arrêter le temps. À l’inverse, achever ses tâches, c’est assumer les cycles de l’accomplissement, donc accepter la possibilité de réussir, et désirer transmettre avant de mourir. « Quant à savoir comment faire le tri entre ce qu’il convient d’achever et ce que l’on peut laisser tomber, je dirais ceci : il faut être respectueux, très respectueux de son ressenti, de ses sensations, de ses intuitions. Mais c’est fou ce que l’on met longtemps à faire confiance à ses intuitions ! »

Publié dans Connaissance de soi

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